Carnet de voyage Toscane, île d’Elbe

Carnet de voyage en Toscane et à l’île d’Elbe
8 au 17 septembre 2014

8 septembre : arrivée à Florence
En dépit d’un premier voyage en mai, les volontaires de septembre pour Elbe ont été nombreux : 72. Comme le bataillon Napoléon en 1814, on passera par la Toscane pour rejoindre l’Empereur. Certains ont fait de nombreuses campagnes, quelques-uns vont découvrir ce mode de voyage. La première partie du séjour est centrée sur les traces des napoléonides et la découverte de la renaissance italienne, la seconde sur le séjour de l’Empereur dans son petit royaume.
Jadis fief des Médicis, ancienne préfecture du département de l’Arno, un temps capitale de l’Italie, Florence est une capitale régionale. L’autobus nous dépose près de notre bivouac. Une courte marche nous conduit vers les hôtels. C’est le premier contact avec la réalité. Les conditions d’accessibilité des sites nous imposeront des déplacements à pied. Il est vrai que l’Empereur a conquis son Empire avec les jambes de ses soldats.

9 septembre : Florence
La visite de la ville est menée en cadence. Nous empruntons la via Nazionale pour déboucher face à la façade à la rigueur mathématique de l’église Santa Novella, premier contact avec le style Toscan. L’hôtel Minerve, séjour des rejetons des riches familles du XIXème romantique qui pratiquaient du « grand tour » est proche, Stendhal y a séjourné. Puis, c’est le Westin Excelsior, demeure de Pauline BORGHESE. Dans l’église Ognissanti, on salue la tombe de BOTICELLI. Là repose Marie Annonciade Caroline BONAPARTE-MURAT décédée à Florence. Restaurée par la princesse Anna MURAT et habituellement fermée, la chapelle funéraire nous est ouverte
Notre guide nous entraine vers le cloître de Ghirlandaio où nous apprenons l’art de la Fresque devant la célèbre Cène. Sortis éblouis, nous longeons l’Arno, le palazzo Corsini, propriété de NERI, négociateur des Habsbourg–Lorraine au Congrès de Vienne et le palazzo Gianfigliazzi près du Ponte Vecchio où Louis BONAPARTE est décédé, avant de sacrifier au dieu du tourisme en nous dirigeant vers le Duomo et le Baptistère. Nous n’aurons pas le temps d’escalader les 440 marches qui donnent accès à la lanterne. Il faudra revenir. Les voyages en groupe sont souvent une approche plutôt qu’une découverte en profondeur.
Les deux groupes se retrouvent pour le repas au Palais Borghèse, demeure de Pauline. Dans l’après-midi, on visitera ses appartements. Puis nous filons vers Santa Croce, GALILEE et MACHIAVEL y côtoient DANTE et bien d’autres. La chapelle des Bonaparte retient notre attention avec les tombes de Julie CLARY-BONAPARTE, épouse de Joseph et Charlotte NAPOLEON. Notre guide nous amène au palais XIMENES rue Pini. Cette résidence privée appartient encore à la famille d’origine. L’ensemble est parvenu presque intact en ce début du XXIème siècle. L’épouse du fils de la propriétaire nous accueille très courtoisement. Notre intérêt est dû au passage de BONAPARTE la nuit du 30 juin 1796.

10 septembre : Florence
Le programme nous conduit villa Fabricotti sur les hauteurs de Florence, utilisée aujourd’hui par une administration. Deux salles sont décorées de motifs napoléoniens dont la chambre où Pauline, duchesse de Guastalla, « la belle païenne », aurait rendu son dernier souffle. La pluie ajoute au ressenti de tristesse, Pauline n’est plus là. La princesse repose à Rome avec Camille BORGHESE.
Revenus sur la rive droite de l’Arno, nous sommes au pied du palais Pitti, Palais des Médicis, de la famille BONAPARTE, de Victor-Emmanuel et de MUSSOLINI avant de devenir un musée. Les salles richement décorées et la profusion de peintures sont le témoin de la richesse des MEDICIS. Pauline y a vécu en princesse. Quelques traces de la famille BONAPARTE subsistent, dont une salle de bains dite de « NAPOLEON » et un vase de Sèvres au portrait de l’Empereur perché sur une colonne. L’après-midi est consacré à la Galerie des Offices. Notre visite ne peut être qu’un aperçu, une invite à revenir, une suggestion pour un séjour plus orienté connaissance de la peinture.

11 septembre : Sienne
Dès le départ, halte dans le quartier sud de Florence pour observer la maison de Poggio Imperiale, ancienne résidence d’Elisa BACCIOCHI. Les bus nous emmènent au travers de la belle campagne Toscane. Ce court déplacement nous conduit au pied des Mura de Sienne. Les rues étroites sont envahies de curieux. On est au contact des fameux 17 Quartiers dont les bannières flottent aux façades.
La visite de l’église San Domenico nous fait connaitre Sainte Catherine, révérée à Sienne et deuxième sainte d’Italie. Franchissant la via di Citta, nous accédons au Duomo et au baptistère de Sienne. Reculant au plus loin pour saisir l’ampleur de l’église de style roman et gothique, gardée par un campanile également paré de marbre blanc et de serpentine, nous en admirons la magnifique statuaire qui décrit le « salut de l’humanité ». Nous achevons notre découverte par la piazza del Campo, dominée par les 102 mètres de la tour de la Mangia, plus connue sous le vocable de Palio. La configuration étonne parce qu’elle ne correspond pas aux besoins d’une course de chevaux. Ayant profité de l’ambiance de la piazza, nous déjeunons au Gallo Nero, le coq noir.
Nous quittons Sienne au complet pour un autre site touristique : San Gimignano, ancienne localité étrusque, sur le circuit de la via Francigena. La ville a gardé tout son cachet du moyen-âge. La rue principale ressemble à celle du Mont Saint-Michel. Dans la partie haute on peut voir un bel ensemble de tours.
En fin d’après-midi, visite à pied de San Miniato. Pour nous c’est une bourgade importante, la famille Bonaparte en serait originaire. Pour preuve, le passage de Charles BONAPARTE à la recherche d’un document attestant les quatre quartiers de noblesse du jeune NAPOLEON qui est venu là en 1797.

12 septembre : Lucques et villa Réale
L’humeur qui avait fait suite à l’installation à l’hôtel est apaisée, une bonne nuit relativise bien des soucis.
Lucca est le fief d’Elisa BACCIOCHI-BONAPARTE. A l’extérieur de la ville, l’aqueduc romain est témoin de l’œuvre accomplie par la princesse. Elle exercera son autorité avec habileté jusqu’en 1814, et appliquera des réformes dont le code civil. Les magnifiques cinq kilomètres de murs sont une leçon de fortification.
La Piazza NAPOLEONE a été conçue par Elisa. Une statue de NAPOLEON aurait dû être érigée. De fait la tête de NAPOLEON a été mise sur une statue de Charles III d’Espagne. Au passage nous saluons la statue de PUCCINI, (1858-1924), né à Lucques, décédé à Bruxelles. Le sculpteur n’a pas oublié d’indiquer que le compositeur était un fumeur invétéré. A chaque place son église : place Saint Michel nous sommes dominés par la cathédrale de calcaire blanc de style roman pisan, comme en Corse et en Sardaigne. Autre place, autre église, cette fois l’église San Frediano abrite Sainte ZITA (1218-1278), patronne des domestiques. La cathédrale Saint-Martin, abrite la croix de la Sainte Face, dite de Nicodème, dont le christ serait le vrai portrait de Jésus. Lucques fut l’une des cités ou la Réforme protestante prit racine. Plusieurs familles protestantes s’exilèrent à Genève et Lyon. Leurs descendants reviennent se marier à Lucques. Halte à la Porte d’Elisa percée dans une courtine. Le repas dans une vaste auberge efficace et accueillante, sous les frondaisons est très apprécié.
Le début de l’après-midi est consacré à Bagni di Lucca, station balnéaire très ancienne fréquentée par Elisa et Laetitia. Montaigne y séjourna quelques mois. La maison d‘Elisa est devenue un hôtel. Les propriétaires illustrent sa mémoire par une décoration napoléonienne des salons. Une autre maison d’Elisa est visible, comme celle de Laetitia. La journée s’achève avec la visite du parc à l’anglaise de la villa Reale à Marlia, villa d’estivage achetée par Elisa. Cette découverte est exceptionnelle puisque la propreté de19 hectares vient d’être vendue.
Revenus à l’hôtel–moulin à où nous avons à nouveau franchi avec succès en marche arrière le pont étroit, Mr Gérard MOYAUX nous a préparé une excellent conférence sur « NAPOLEON à l’île d’Elbe ». Après avoir joué au disque-jockey avec l’ordinateur et réparé un fil arraché, il fait un utile rappel de l’histoire napoléonienne avant que nous prenions pied sur l’île.

13 septembre : Carrare, Pise et Elbe.
Carrare est une montagne de marbre de couleur blanc à gris avec toutes les nuances et inclusions possibles. Le duché de Toscane en percevait des revenus dont NAPOLEON aurait bien voulu s’accaparer. Elisa, protectrice des arts, y créa une école des beaux-arts et une banque destinée à soutenir les sculpteurs. Nous faisons une visite rapide au musée du marbre. On découvre le superbe marbre noir et or « Porto Oro » baptisé par NAPOLEON. Chacun comprend qu’il y a beaucoup de sueur entre la pierre dans la montagne et la statue sculptée par CANOVA.
A Pise, aperçu de la piazza dei Cavalieri et du palazzo della Caravana. Initialement implanté à Porto-Ferrajo sur l’ile d’Elbe, l’ordre des Chevaliers de Saint Etienne y avait son siège. NAPOLEON l’interdit ; y installe une école normale supérieure, mais, il réapparait en 1817. L’ensemble des monuments : baptistère, cathédrale et campanile forment un tout cohérent, rigoureusement construit. La tour est penchée, comme prévu. Le site vaut le déplacement, même si le lien avec l’Empire est faible. Voyager napoléonien ne signifie pas ignorer la culture du pays visité.
A peine le ferry a-t-il doublé la jetée de Piombino que l’on voit l’île d’Elbe. Nous nous penchons hors du bastingage, cherchant la meilleure prise de vues de la baie de Porto-Ferrajo. Les commentaires vont bon train. On distingue la grosse tour octogonale qui ferme le port, les impressionnants murs du fort Falcon, les couleurs vives des maisons étagées en amphithéâtre. C’est là que NAPOLEON a débarqué le 4 mai 1814. Sans cérémonie, nous prenons pied sur cette terre d’exil. Nous ne resterons pas 300 jours, mais le séjour promet d’être napoléonien. La route qui mène à Marciana Marina serpente au bord des criques et promontoires. Un court instant nous apercevons « le rocher de Pauline » où, dit-on, elle se baignait nue. Enfin, les billets de logement sont distribués, chacun à un toit pour la première nuit, il faudra encore ajuster quelques accommodements demain.

14 septembre : San Martino, Rio Marina, Madone de Montserrat, Porto Azzuro
L’ambiance à Elbe est au bicentenaire. De multiples indices, affiches, détails ou clins d’œil nous le confirment. Le drapeau aux 3 abeilles est visible partout, c’est le drapeau des elbois.
Au matin, visite de San Martino. Le site de 1814 a subi des modifications. Depuis la grande allée, on a aperçoit la colonnade néoclassique du palais d’Anatole DEMIDOFF, accolée au bas de la maison. Epoux de Mathilde, fille de Jérôme, ce prince russe avait fait fortune dans l’exploitation de la malachite. Admirateur de NAPOLEON, il a pris les dispositions pour qu’une messe soit dite le 5 mai à l’église de la Miséricorde. Dans l’ouverture de la porte principale, la silhouette de Galatée, Pauline par CANOVA, nous convie à entrer. Nous profitons de l’exposition « le bivouac de NAPOLEON » installée dans la galerie. Un grand tableau présente Porto-Ferrajo en 1705 ; en 1814 l’apparence n’avait guère changé. A l’intérieur de la maison, impression de simplicité sauf pour la salle décorée à l’égyptienne. La pièce est élégante, agréable, contraste avec la sobriété du décor. On retrouve le luxe d’un palais. Les fresques et les hiéroglyphes en trompe-l’œil retiennent notre attention. Le jardin en terrasse permet de jouir d’une vue magnifique sur Porto-Ferrajo. Quelles pensées y a-t-il ruminé ? « Ubique Felix NAPOLEON » ? C’est là qu’il apprend la mort de Joséphine.
Sous le charme, nous partons vers Rio Marina, site minier souvent visité par NAPOLEON. Elbe était un lieu d’extraction du fer « calamita » depuis l’antiquité. NAPOLEON a inspecté le site dès le 6 mai 1814. Mais, sur le conseil de DROUOT, il renoncé à se lancer dans une importante exploitation minière. Quelques pas dans les rues étroites nous guident à la maison de PONS de l’HERAULT, à l’abandon, marquée d’une plaque commémorative récente. Au passage, on remarque un chat noir, une rue Nagenta et une rue des Bonnes Mœurs.
De Rio Marina nous montons à La chapelle de Notre-Dame de Montserrat. NAPOLEON y est venu avec DROUOT, BERTRAND et PONS. Il faut escalader à pied un rude chemin pour atteindre le petit couvent-chapelle. Les membres du SN grimpent vaillamment les marches et profitent du superbe paysage.
Porto Azzuro (Porto Longone en 1814) nous accueille le temps d’une pause bien appréciée. En plus des crèmes glacées, on y trouve la porcelaine « Al Tarlo », production originale, au motif du chapeau et du drapeau elbois. NAPOLEON a demeuré au premier étage d’une maison de la rue principale.
Sur le chemin du retour, une rumeur court : NAPOLEON est sur la plage de Marciana Marina. Une photo preuve circule. On confirme l’information, il s’agit du tournage d’un film avec l’acteur italien Eric FRATICELLI figurant l’Empereur. Il est là, sans escorte, si ce n’est deux grenadiers décontractés, Il s’étonne de nos « Vive l’Empereur ! », nous nous identifions, il se prête au jeu des photos-souvenir. DROUOT suit, ALI aussi. Nous croisons un couple de bourgeois, c’est PONS de L’HERAULT, puis un groupe de reconstitueurs elbois. La discussion s’engage. Mr PIEGARD inspecte les uniformes et les armes, note leur grande qualité. Le chef du détachement offre un drapeau elbois au Président qui leur remet l’insigne du SN.

15 septembre : Porto-Ferrajo
Les remparts sont longés par un parking qui permet d’accéder à la porte de la mer que NAPOLEON a empruntée le 4 mai 1814. De là, on gagne l’hôtel de ville où il a vécu quelques jours. Une plaque de marbre marque sa présence. Là, comme dans toute la ville, son portrait est accroché. Nous apprenons que Victor HUGO, enfant a vécu 4 ans ici, son père étant commandant militaire. Puis c’est la cathédrale où un Te DEUM a été chanté le 4 mai 1814. En quelques pas, nous sommes devant le centre culturel De LAUGIER, ce général appartenait au IVème corps de Joseph de BEAUHARNAIS en 1812. Une exposition y présente des photos anciennes de l’île, des documents du centenaire et des affiches de l’époque de NAPOLEON.
Visite à la petite église de la Miséricorde, où est toujours dite la messe en souvenir de la mort de l’Empereur. Sur le côté, un musée contient de beaux objets liés à NAPOLEON dont le drapeau de l’île d’Elbe qui serait celui de l’époque, avec ses abeilles et la bande rouge un peu défraîchie. Une copie du célèbre chapeau est posée sur un guéridon. Un masque mortuaire et un moulage de la main de l’Empereur à Sainte-Hélène accompagnent une reproduction du cercueil. On jette un œil à la maison de Laetitia, au 12 de la rue Ferrandini. Puis, on accède au théâtre dei Vigilanti construit dans une église sur ordre de NAPOLEON. Bien restauré, l’intérieur est très XIXème siècle. Le mode de financement adopté a été original puisque les loges ont été vendues par avance aux bourgeois, contraints ainsi de payer le théâtre.
Après une matinée dense, nous nous élançons vers les Mulini. Nous prenons pied sur le haut de la ville, entre une courtine et un casernement transformé en modestes habitations. Ce casernement était celui des 106 Polonais. Les Mulini sont un musée national qui porte le nom de Palazzina Napoleonica del Mulini. La maison a un avant corps rehaussé sur ordre de NAPOLEON, flanqué de deux côtés moins élevés, façade jaune à volets verts. Le rez-de-chaussée était dévolu à l’Empereur et sa maison impériale, le premier étage, destiné à Marie-Louise a été occupé par Pauline. La distribution des pièces est celle d’un palais en réduction. NAPOLEON est souverain et y maintient l’étiquette et les principes de la Cour. De salle en salle, visite d’un décor restauré, murs et plafonds peints. Le mobilier d’origine a été dispersé, mais le mobilier de style restitue l’ambiance. Les meubles sont de belle facture, représentatifs du goût et du luxe de l’Empire. Un buste de NAPOLEON côtoie celui que la tradition dit être de Pauline. La bibliothèque contient encore des exemplaires des livres de NAPOLEON. Dans un salon, un lit de campagne permet de souligner que pendant les travaux d’aménagement, jusqu’en août 1814, l’Empereur a vécu en partie dans sa tente. L’étage réservé à Pauline est décoré de même. La reconstitution de l’intérieur des Mulini rend une atmosphère méditerranéenne de luxe et de sobriété.
Le jardin ponctué d’une statue de Minerve et d’un insigne impérial accolé au rempart offre une vue reposante. On aperçoit la côte italienne. Au pied du rempart, une minuscule plage où NAPOLEON a pu se baigner. Flâner dans ce jardinet nous fait à songer à l’homme qui a vécu là, ruminant son abdication et planifiant son retour. Il n’avait que 45 ans.
La soirée est consacrée à une conférence de Mr PIGEARD sur la carte politique de l’Italie sous l’Empire. Elle se termine par un survol de la présence des napoléonides en Italie et de leurs destins dont celui d’Elisa, de Caroline, de joseph, de Lucien et de Murat.

16 septembre : ermitage de la Madone del Monte
Avant de quitter l’île d’Elbe, promenade à l’ermitage de la Madone del Monte où NAPOLEON a rencontré Marie WALEWSKA. En route, nous arrêtons à la Fontaine où NAPOLEON se rafraîchissait. La fontaine est accolée au bâtiment de l’entreprise qui exploite l’eau depuis 1960. Les napoléoniens se rafraîchissent à l’onde pure.
Marciana Alta est perché à 375 m. Il faut encore franchir à pied une dénivelée de 270 mètres. Mais il n’y aura pas de difficulté, à chacun son rythme. A un carrefour apparaissent des stations du chemin de croix. De un à treize, on compte les figuratifs en céramique. Le chemin s’élève, la pente s’adoucit, nous atteignons la côte 640. Le site est toujours vénéré. Sur la gauche, une petite église en bon état, sur la droite, le bâtiment conventuel. NAPOLEON y a reçu Marie WALEWSKA. Une plaque en indique le souvenir. Mr PIGEARD nous rappelle les mots de NAPOLEON : «Je n’ai vu que vous, je ne pense qu’à vous, je ne veux que vous», mots qu’il aurait prononcés à Varsovie quand il a fait sa connaissance.
Certains poussent jusqu’au « chapeau de NAPOLEON ». A cet endroit, un télégraphe de Chappe avait été établi. NAPOLEON aimait embrasser le beau paysage qui s’étend jusqu’à la Corse.
Le circuit retour nous fait passer le long de la côte Ouest et Sud d’où nous apercevons les îles Monte-Cristo et Pianosa, pâturage des chevaux des lanciers polonais. Monte-Cristo est trop loin pour que l’on voie Edmond DANTES. Ce sont deux des « sept perles du collier de Vénus ».
Après un dernier repas à Marina di Campo, c’est l’inéluctable trajet vers le port. Sur le bateau, il nous reste à regarder le paysage devenu familier, à essayer de discerner les Mulini dans la masse de Porto-Ferrajo. Le groupe est sur le pont, capturant les dernières photos de ce voyage. Mr MOYAUX, savoure des instants de repos, mission accomplie, avec des aléas très bien gérés. A l’hôtel, une dernière épreuve nous attend avant le départ sous la forme d’un quizz napoléonien.

17 septembre : retour sur la France
La répartition pour l’embarquement est complexe. Des solutions ont été trouvées à la satisfaction de tous. En 2014, ce ne sont ni les Anglais ni les royalistes qui nous barrent la route mais Air France. Au bilan, le retour se passe au mieux.
Ce voyage encadré par des guides très compétentes, courtoises, disponibles et serviables, aura été une agréable découverte de l’île d’Elbe, qui nous a permis de sentir le terrain et de toucher à une histoire bien préservée. La Toscane nous aura fait côtoyer les membres de la famille de NAPOLEON et permis d’imaginer leur mode de vie dans leur temps de splendeur sans ignorer que leur chute fut rapide. Par ailleurs, nous aurons pu nous imprégner de la richesse artistique et architecturale de cette région.

GBR (2S) Emmanuel POUCET

RSN 501, pp. 72-77 (octobre-novembre-décembre 2014)