Carnet de voyage : bicentenaire de l’arrivée de Napoléon à Sainte-Hélène

Bicentenaire de l’arrivée
de Napoléon à Sainte-Hélène

L’île de Sainte-Hélène, située à 3 500 km des côtes sud-américaines et à 2 000 de celles de l’Afrique, fête en ce moment avec ferveur le bicentenaire de l’arrivée de Napoléon, qui y débarqua le 17 octobre 1815. Les festivités qui s’y déroulent sont renforcées par la présence d’un groupe de Français liés au Souvenir napoléonien, accompagnant l’ambassadeur Jean Mendelson, représentant le ministre des Affaires étrangères et du Développement international, Victor-André Masséna, prince d’Essling, président de la Fondation Napoléon, Jean Étèvenaux, vice-président du Souvenir napoléonien, Thierry Lentz, directeur, et Peter Hicks, chargé des affaires internationales l’un et l’autre à la Fondation Napoléon. Tous peuvent témoigner de la qualité et de la chaleur de l’accueil tant des autorités que de la population.
De multiples cérémonies, civiles et militaires, ont été organisées et les visiteurs français ont été frappés de l’attention portée à Napoléon, qui se traduit par une multitude d’objets disponibles fabriqués sur place — les timbres-poste émis spécialement pour l’occasion n’étant, eux, pas arrivés. Les responsables touristiques ont manifestement pris conscience de l’enjeu que représente l’Empereur deux cents ans après son débarquement. Non seulement le gouverneur a déposé le 11 octobre une gerbe sur la tombe (vide) dont le site constitue l’un des trois domaines accordés en toute extraterritorialité à la France mais, pour la première fois depuis 1840, date du retour des Cendres, des marins britanniques ont défilé en ce lieu pour lui rendre hommage. Ils sont venus le 12 à bord de la frégate Lancaster, laquelle a mis sur pied une réception dès le lendemain avec des hôtes français ; des visites pour les enfants des écoles et les médias ont également été prévues. L’hélicoptère de la frégate se trouve aussi être le second aéronef à atterrir sur l’aéroport en phase finale d’aménagement après l’essai concluant effectué le 15 septembre dernier par un Beechcraft King Air 200 parti d’Angola.
Il convient de signaler la signature des conventions de partenariat et de délégation de service entre, d’un côté, la République française, le gouvernement de Sainte-Hélène et la Fondation Napoléon, et, de l’autre, la Saint Helena Napoleonic Heritage Limited, association sans but lucratif de droit hélénien comparable à une fondation française. Cela va permettre un développement des activités liées aux trois domaines français : Longwood, la demeure de Napoléon, les Briars, qui l’accueillit temporairement et qui vient d’être remis en état par des interventions privées, et la vallée de la Tombe, où il reposa jusqu’en 1840. La cérémonie intervient en couronnement de la campagne de restauration qui a pu être menée grâce au succès de la souscription ayant, en quatre années, apporté 1 509 786 €, qui se sont ajoutés aux 700 000 € dégagés par le ministère des Affaires étrangères et du Développement international. Le consul honoraire de France, responsable des Domaines de Sainte-Hélène, a su fédérer les énergies tout en s’insérant dans le tissu local, tout particulièrement au niveau de la mise en valeur du patrimoine naturel et historique.
Contrairement à certains commentaires proférés par des personnes ne se trouvant pas sur place, l’intérêt de la population hélénienne se manifeste d’une façon constante et visible allant bien au-delà du légitime souci d’élargir les offres touristiques avec l’ouverture, l’an prochain, de l’aéroport. Non seulement la figure de Napoléon fait désormais partie de la réalité quotidienne, mais le personnage de l’Empereur est regardé avec beaucoup de sympathie. Les visiteurs du bicentenaire peuvent en témoigner, du président de la Fondation Napoléon à l’adhérent de base du Souvenir napoléonien ; ils s’en sont rendus compte lors des multiples manifestations et réceptions auxquelles ils ont été conviés durant les dix journées de leur séjour sur l’île, tel le remarquable concert monté par des amateurs qui a donné l’occasion d’apprécier une vingtaine de morceaux musicaux de l’époque. Les Français ont en outre croisé des voyageurs venus d’autres pays, également fascinés par l’épopée napoléonienne.
Rappelons enfin que, d’avril à juillet 2016, le musée de l’Armée, aux Invalides à Paris, accueillera une exposition intitulée Napoléon à Sainte-Hélène, qui permettra d’admirer les meubles de Longwood restaurés avant leur retour sur place ainsi que de nombreux objets et documents liés à l’ultime exil impérial. Ils viendront enrichir les trésors d’une île de 122 km2 dont les quelque 4 000 habitants font tout pour qu’ils soient connus à leur juste valeur.

Jean Étèvenaux